Nouvelle publication scientifique

Août 2026

Repose en paix Murbeckiella  !

Longue vie au nouveau genre Oreophyton

Auteurs  : Nora Walden, Guilhem Mansion, Hektor Schnorf, Marcus A Koch, Alessia Guggisberg

Titre  : Murbeckiella is dead, long live Oreophyton : origin and systematics of tribe Oreophytoneae (Brassicaceae)

Article de journal  : Annals of Botany, Volume 138, Issue 3, Septembre 2026, Pages 836–850

Mots clés : Botanique évolutive, macroévolution, biogéographie, nomenclature, taxonomie

Lien officiel : https://doi.org/10.1093/aob/mcaf115

En bref – Un titre un peu singulier pour conclure une belle étude qui débute en août 2018 par une campagne botanique intensive et qui nous voit, Alessia Guggisberg et moi-même, parcourir les hauteurs des Alpes suisses et françaises, puis des Pyrénées, à la recherche du Murbeckiella pinnatifida. Cette petite crucifère, comme beaucoup de ses congénères, affectionne les hauts sommets et sa découverte nécessite toujours de longues et astreignantes randonnées.

Cette expédition nous a permis : (i) d’obtenir un échantillonnage complet du genre Murbeckiella sur toute son aire de distribution (depuis l’Espagne et de l’Afrique du Nord jusqu’au Caucase) ; (ii) d’établir une première phylogénie moléculaire basées sur des données génomiques ; (iii) de tester une nouvelle méthode d’analyse permettant de s’affranchir des phénomènes de polyploïdie (duplication du génome) et d’hybridation, fréquents chez les plantes ; enfin (iv) d’obtenir une meilleure connaissance de Murbeckiella omissa, une espèce longtemps assimilée à M. zanonii et récemment décrite comme nouvelle, mais sans le support de données génétiques… Ce dernier point est particulièrement intéressant, puisqu’il fait passer M. omissa – la murbeckielle oubliée – du statut d’espèce introduite, peu intéressante, à celui de rare endémique, à protéger absolument !

Notre travail démontre finalement l’artificialité de Murbeckiella tel que proposé par Rothmaler (1939) et infère un nouvel assemblage excluant M. sousae et incluant Oreophyton. Comme ce dernier genre fut décrit avant Murbeckiella (Schulz 1924), le clade incluant Murbeckiella et Oreophyton doit être renommé Oreophyton. Cinq nouvelles combinaisons sont publiées dans ce travail, à savoir :

  • Oreophyton boryi (Boiss.) Gugg. & G.Mans., Ann. Bot. (Oxford) 138(3) : 846 (2025).
  • Oreophyton huetii (Boiss.) Gugg. & G.Mans., Ann. Bot. (Oxford) 138(3) : 847 (2025).
  • Oreophyton omissum (B.P.R.Chéron) Gugg. & G.Mans., Ann. Bot. (Oxford) 138(3) : 847 (2025).
  • Oreophyton pinnatifidum (Lam.) Gugg. & G.Mans., Ann. Bot. (Oxford) 138(3) : 847 (2025).
  • Oreophyton zanonii (Ball) Gugg. & G.Mans., Ann. Bot. (Oxford) 138(3) : 848 (2025).
Oreophyton pinnatifidum vers Emosson (Suisse, Valais)

Oreophyton pinnatifidum (Lam.) Gugg. & G.Mans.

Cette charmante Crucifère fréquente les associations végétales siliceuses de l’étage alpin, depuis les Pyrénées jusqu’aux Alpes de l’Ouest. Nommée jusque-là Murbeckiella pinnatifida (Lam.) Rothm., elle doit être rebaptisée Oreophyton pinnatifidum (Lam.) Gugg. & G.Mans.


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